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 Evangeline

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Toreador

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Charge / Prélature / Titre: Sujet
Statut: Jeune Ancilla (101 - 150) Jeune Ancilla (101 - 150)
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MessageSujet: Evangeline   Jeu 10 Déc 2015 - 21:20


Evangeline Rose Langevin





- Nom et Prénom(s) : Evangeline Rose Langevin
- Alias : Tinkerbell
- Date et lieu de naissance : 1843, Acadiana en Louisiane
- Espèce : Vampire
- Clan : Toréador
- Faction : Camarilla
- Rang hiérarchique / poste :
- Date et lieu d'étreinte : 1864, Acadiana.
- Age apparent / Age vampirique : 21 ans / 150 ans
- Génération :12
- Sire :  Isabelle De Lancret - 11ème génération
- Ethique / Voie : Voie de l'humanité 7
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Feat. Eden Kelly





- Disciplines :
  • Auspex - 4

  • Célérité - 4

  • Présence - 1


- Atouts et handicaps :
  • Dérangé -2 : Je suis persuadée que  l'âme de l'unique amour de sa vie habite le pendentif en  bois qui fait office de grigri. J'entends  sa  voix et  y réagis plus ou moins.

  • A beaucoup voyagé +2 : J'ai bourlingué  dans de très nombreuses villes. Il y a des chances pour que j'aie  entendu parler d'un vampire.

  • Oeil pour la beauté +1 : Je sais juger une œuvre d'art.

  • Défaut de superstition -1 : A un moment, on a dû oublier de me dire que les contes pour enfant ne disaient pas la vérité... à tel point que j'ai intégré une croyance à mon état de vampire. Je crois que les  fées existent et je suis convaincue qu'elles interviennent  dans nos  vies par  moments (ce qui revient à croire  encore au père noël à l'âge adulte).


- Potentiel d'influence :
    2  (? X 2)
  • Finance 2 : local du salon de tatouage bien situé et loué dans un batiment réputé dédié  au tatouage.

  • Haute Société 2 : excellente  réputation dans le milieu du tatouage.




Ce que vous pensez  :
Des humains ? : Tant que les hommes ne se la jouent pas machos, tout va bien. C'est toujours agréable d'être admirée par des humains.

Des goules ? : Elles me rapellent trop l'époque des plantations avec cette forme d'asservissement. Mais si c'est  son choix, il faut  voir...

De la Camarilla ? : Des  êtres civilisés et dangereux sous  leur  vernis social et leur voie de l'humanité. Tout est dans les apparences. Au moins on connaît les règles.

Du Sabbat ? : Des barbares et des êtres écoeurants dans leur visions artistiques. Et pour des rebelles, ils sont drôles avec leur système féodal ! Ils ont  juste abandonné une laisse pour une autre.

Des Anarchs ? : De vrais militants que j'admire même s'ils  vont  un peu trop loin pour moi, ils  ont de  bonnes idées pour  la liberté mais quelle stabilité ils offrent avec  ça ?

Des Aubains ? : Je  n'en connais pas  mais  leur réputation est mauvaise,  je n'ai jamais eu l'occasion d'en croiser malgré mes  voyages. Mais entendu des  histoires là dessus  je peux  l'assurer.

Des Sangs-Clairs ? : Je ne  connais pas trop bien, ils sont  craints mais  est-ce qu'on a cherché à les  comprendre ? Si ça se trouve, c'est des fées qui les ont  bénis.






- Description physique :
La jeune femme a changé plusieurs fois d'apparences au gré de ses fantaisies et à la recherche de son vrai soi, sa créativité la poussant à transcender son être et son paraître.

Evangeline est une femme pulpeuse de taille moyenne, avec des rondeurs tout en étant mince sans être maigre. Sa silhouette révèle une taille marquée et des attaches fines au niveau des articulations. Elle a de belles mains qui plaisent aux regards. Elle a des lèvres pulpeuses et bien dessinées, des dents blanches en parfait état, un nez droit qui lui donne un profil agréable.

Ses yeux bleus gris ont l'air innocent et donnent l'impression qu'elle voit l'âme des gens. Ils sont doux lorsqu'elle est calme mais peuvent donner l'impression d'être des pics de glace lorsqu'elle est en colère.

Ses longs cheveux sont soit libres, soit tressés sur le tiers du crâne, donnant à la vampire une allure de punk. Elle a plusieurs tatouages, des roses roses, des têtes de mort pour les plus visibles, le reste est caché par ses vêtements.

Son style vestimentaire pourrait la faire passer pour un toréador rebelle. Elle allie le chic, le punk et le rock. Toujours maquillée et glamour, elle est à son avantage et arbore des bijoux du même style.

Elle fera l'effort d'être un peu plus chic lorsqu'il y a des réunions ou invitations importantes. Cependant elle sera toujours originale dans son apparence.


- Description mentale :
Issue  d'un  milieu  patriarcal, de privilégiés  blancs et  racistes, Evangeline s'est battue contre la domination masculine dans les années 60/70, elle a  même  participé aux  actions  favorisant l'égalité des  droits des noirs américains avec des artistes. Elle se sent proche des  humains et les apprécie pour leur  capacité  à s'émerveiller  alors que la plupart des  vampires deviennent blasés.

Elle est  donc devenue  misandre avec les  hommes qui cherchent  à la dominer, elle est cassante avec  eux et peut avoir des propos  caustiques  lorsqu'elle est en colère. Elle peut se montrer castratrice pour calmer  le gars. Elle est tout à fait capable d'entretenir une amitié  ou relation cordiale  avec un homme du moment qu'il ne  cherche pas  à jouer à qui a  la  plus grosse ou qui porte la culotte.

Elle est douce  pour une  vampire mais elle  a une lucidité sur le genre  humain et forcément sur le genre  vampirique qui découle à l'origine des  humains étreints qui ont  perdu plus ou moins de leur humanité avec le temps. Elle se méfie par prudence des trop belles propositions car elle sait que tout se  paye d'une façon ou d'une  autre.

Dans son travail, elle est pointilleuse d'où son succès  et son sérieux  reconnu dans  son domaine. Quand  un rendez-vous est  fixé, ou on est à l'heure ou  on dégage. Elle n'a pas que ça à faire de ses  nuits. Dans  ses  créations et ses looks, elle  peut  se révéler  fantasque et originale, comme dans ses  idées quand on lui demande des solutions. Elle aime bien  faire du shopping et  échanger des conseils et  idées avec  ses proches.

Elle est plutôt mal à l'aise  au téléphone quand  on lui parle car elle préfère regarder les gens  dans les yeux pour les jauger. Elle s'y adapte ainsi qu'aux textos mais elle aura surtout une préférence pour le face à face.

Et elle devient mélancolique quand elle entend la chanson Evangeline.











Ma vie humaine
1843-1853

Née en Acadiana, région de la Louisiane, j'ai grandi à Oak Valley dans une grande plantation de coton, mon père m'a élevée avec amour mais ma mère a été stricte sur mon éducation. En fait, je préfère mon père, il est plus gentil avec moi. Sans doute parce que je suis sa seule fille et la petite dernière d'une fratrie de cinq enfants. Ma mère préfère mes frères, je n'ai jamais compris pourquoi. Je me suis pourtant appliquée à lui faire plaisir, à exceller dans toutes les matières que m'enseignait mon percepteur.

Malgré tout, elle me rabrouait en disant que j'ai trop d'imagination et que je suis une menteuse. Pourtant c'est vrai, les  fées existent d'après mon père.  Un jour, elle m'a battue sévèrement avec une règle parce qu'elle avait découvert des dessins que j'avais fais  de ces créatures magiques. Ne supportant pas que mes « divagations », elle m'a punie. Mon père s'est sérieusement disputé avec elle, disant que ça me passerait en grandissant et qu'elle n'avait pas à me punir aussi sévèrement.

Mes frères ne sont pas toujours là, surtout mes aînés, ils sont partis faire leurs études pour améliorer le rendement de la plantation, d'autres pour obtenir les compétences dans un métier qui fera leur fortune. Seul le plus jeune est resté à la maison, et encore, il est toujours en train de vadrouiller avec ses copains ou à étudier.

Les seules personnes qui m'aimaient et me consolaient en dehors de mon père étaient ma gouvernante Marie et les esclaves de la plantation. Mon père les traitait bien mieux que la plupart des propriétaires bien que ma mère passait parfois ses colères sur ses servantes. J'ignorait pourquoi car elles étaient gentilles les filles noires qui travaillent à la maison. Marie m'emmenait parfois en cachette voir une aînée de la plantation, une vieille esclave employée à la cuisine pour nourrir les travailleurs des champs. Elles connaissaient mon don pour le dessin, elles prétendaient que j'avais un accès au monde des esprits pour les  dessiner  aussi  bien et gardaient religieusement les dessins que je leur donnait. C'était notre secret.

1853-1861

Je continuais à voir en cachette mes amis noirs, et la vieille Annabelle, tel était le nom qui était sur l'acte de propriété lorsqu'elle fut vendue à mon grand-père. J'apprenais les mystères de leurs rituels vaudou et essayais de comprendre pourquoi je suis aussi inspirée sur les créatures fantastiques. Annabelle m'avait avertie que personne ne comprendrait à part les descendants des africains et les caribéens. Mais pour ma sécurité, je ne devais rien dire car ils seraient tentés de me tuer pour me voler mon don, croyant  par superstition qu'ils sauraient dessiner le  vrai  visage des  esprits et les  dominer par ce biais.

Je me suis donc tue, j'ai grandi et embelli, j'étais devenue une femme. Mon talent en dessin avait évolué et s'était perfectionné. J'apprenais à faire des dessins politiquement correct pour une jeune femme pour satisfaire mère. Mes vrais dessins, je les faisais en cachette et Marie les cachait pour moi. Certains ont été offerts à Annabelle. Ma mère ne me violentait plus mais ne m'aimait toujours pas, elle m'appréciait moins qu'avant, je le ressentait vraiment. Peut-être que me voir devenir femme lui a rappelé que sa beauté se fanait. Mon père était fier de moi, il m'offrait de jolies toilettes, ce qui faisait râler ma mère.

Le soir, je les entendais se disputer, j'avais l'impression que c'était à cause de moi. Je savais que ça faisait des années qu'ils faisaient chambre à part, depuis ma petite enfance, je crois. Il me semblait que papa aimait Gloria, la domestique qui s'occupait du ménage. J'avais surpris des petits regards furtifs, en plus mère était plus dure avec elle qu'avec les autres serviteurs. Mais elle n'osait pas aller plus  loin par peur des représailles de la part de mon père.

J'avais encore grandi, mon corps était devenu très féminin, je me sentais toute drôle depuis que mon sang menstruel coulait. D'ailleurs, Annabelle avait organisé une petite célébration secrète pour fêter mon passage à l'âge adulte. Pour elle, j'étais désormais une femme. Je me rendais compte que les hommes me regardaient bizarrement et je commençais à les remarquer.

Il s'appelait Gabriel, je l'avait rencontré récemment. C'était un nouvel esclave que père avait acheté, il était spécial, cultivé, plus intelligent que les esclaves des champs. Il avait appris à lire avec son ancien maître, il faisait la lecture pour celui-ci car sa vue avait baissé et il adorait lire les romans. Mais Thomas avait dissimulé ses capacités par peur qu'on s'en prenne à lui. Les blancs n'aimaient pas trop quand les esclaves se montraient plus intelligents qu'eux. Quand je parle de blancs, je pense aux pauvres sans culture ni éducation ou aux contremaîtres.

On s'aimait bien Gabriel et moi, on se voyait en cachette, il me récitait des poèmes, me racontait des histoires qu'il avait lues. Gabriel avait une excellente mémoire et se souvenait de chaque histoire qu'il avait lue à son ancien maître jusqu'à la mort de celui-ci.

Mère m'avait annoncé qu'elle avait une nouvelle qui devrait me ravir, elle me souriait étrangement, de n'était pas dans ses  habitudes. J'étais étonnée car elle n'était jamais aussi agréable avec moi. Elle m'a aussitôt  dit que John Spencer, le fils d'un riche négociant, avait demandé ma main et qu'elle avait accepté. Mon père m'a regardée d'un air contrit et hoché la tête pour confirmer la nouvelle. J'étais sonnée par le choc de cette information, je ne l'avais jamais vu mais il avait adoré ma photo et surtout son père s'associait avec mon père en échange d'une dot considérable pour qu'il renfloue la plantation.

Je comprenais qu'on avait eu des difficultés financières dernièrement mais pas  au point  d'être l'objet d'un accord commercial et  financier. Ma mère me sacrifiait sans hésiter pour son confort et mon père se pliait à cet ignoble marché pour sauver son héritage qui deviendrait le mien sur testament. Mon frère aîné me haïssait, son futur  s'évanouissait à cause de cet accord. Ma mère a prétendu que mes caprices avaient coulé la fortune familiale et entraîné leur ruine. Ce qui était faux bien évidemment.

1861-1864

La guerre a éclaté, retardant les noces promises. Les hommes durent partir à la guerre, les femmes, enfants et vieux restèrent. Les esclaves demeurèrent également, ils devaient continuer à faire tourner la plantation. Mon fiancé, qui avait treize ans de plus que moi, me visitait  lors de ses permissions. Il a été  promu officier, sûrement grâce à la fortune de sa famille. Mon père était également officier grâce à son renom et au respect de ses riches amis.

Gabriel était mon soutien, mon ami, mon amoureux et mon amant. On se voyait en cachette, on s'étreignait peau d'ébène contre peau d'ivoire, il s'abandonnait en moi. Je rêvais de donner naissance à un métis  rien que pour faire rager mère et ruiner ses projets. Je me fichais de finir pauvre, tant que j'étais avec Gabriel. Et père aurait bien mérité sa déchéance, il m'avait abandonnée à un homme que je n'aimais pas pour de l'argent.

Gabriel savait que je crois aux  créatures  fantastiques, surtout les fées, il n'était pas choqué, son grand-père était sorcier et lui avait conté des histoires sur ces êtres magiques quand il était petit. Les traditions transmises oralement par les esclaves évoquaient des mystères inexpliqués. On en parlait tout doucement, chuchotant lèvres contre lèvres, tandis qu'il me caressait le ventre, les seins et le cou. Nos sens s'embrasaient et on recommençait à faire l'amour. Je m'éclipsais au milieu de la nuit pour rejoindre ma couche histoire que personne ne se doute de notre secret.

Le malheur nous attendait au tournant, ma mère nous a surpris ensembles, elle me cherchait car John était rentré à l'improviste et me demandait d'urgence, une mauvaise nouvelle à annoncer. Furieuse, mère a ordonné qu'on attachât Thomas et me frappait au visage. Mon fiancé entra et constata la faute d'un air furieux.

« Tu n'as pas honte ? Tes frères et ton père sont morts, ton fiancé a été libéré exceptionnellement pour avancer votre mariage pour nous mettre à l'abri et tu le trahis ainsi ? »

Je pleurais et leur suppliais d'épargner Gabriel, en vain. Ils le fouettèrent au sang et John l'émascula à vif totalement. Je hurlais de désespoir en le voyant se vider inexorablement de son sang. Les esclaves étaient mis en joue par les hommes de main de la plantation et n'osèrent pas intervenir.

John me frappa et me jeta au sol, il écarta de force mes cuisses et me viola sous les yeux de Thomas. J'essayais de me débattre mais il était trop fort. Il plaqua mes mains au sol et continua à me pénétrer violemment. Mes larmes coulèrent et je regardais Gabriel dans les yeux, je voyais sa vie qui s'éteignait dans son regard et je voudrais tant le retenir. Il me fixa d'un air désespéré, défiguré par la souffrance, puis devint inexpressif. Sa tête retomba contre son torse, un long filet de salive ensanglanté coulant jusqu'au sol de terre imbibé de son sang.

Les hommes de mains me passèrent dessus après John, je n'étais  plus qu'une poupée de chiffon, je ne réagissais plus à leurs agressions sexuelles, inerte. Je m'étais détachée de mon corps pour ne plus rien ressentir, ce n'était plus moi qu'il  pénétraient mais un corps étranger. Je vis une ombre dans la nuit, je voyais quelque chose, mais je n'avais jamais vu ça avant. John me cracha dessus et me déclara qu'il m'épouserai comme il l'a promis mais que je dormirai dans sa cave comme une chienne. Je n'eus aucune  réaction, je voulais mourir, perdre la  raison et  oublier. Repus de  stupre et de  violence, ils me laissèrent  à terre, le corps perclus de douleur. Ma mère  finit par  ordonner à Marie et quelques  esclaves de m'emmener  dans ma chambre.

Pour me  punir, John fit venir un chinois qui demeurait  à la  Nouvelle-Orléans et  le paya une  fortune pour me faire  un tatouage et acheter son silence. Il décida de m'humilier  en  faisant réaliser des énormes roses sur le  bas de  mon dos pour me rappeler tous les jours  les viols que j'avais subi chaque  fois que  je me regarderais  dans  un miroir. La douleur du  tatouage  fut  immense et j'étais  attachée  pour ne pas  bouger.

Enfermée dans ma chambre jusqu'au jour  de  noces, j'errais comme une âme en peine, laissant  passivement  Marie  me soigner  et  me laver, passant avec soin les onguents  donnés par le tatoueur chinois.  Trois mois plus tard, John était de retour et  on me mena de force  à l'autel, le pasteur étant au  courant de ma « faute » bénissait le mariage pour la forme tandis qu'on me força à signer le registre de mariage pour officialiser le tout.

La nuit de noces  fut un enfer. John me frappais et me violais à plusieurs reprises, se fichant que  ma lèvre éclatait sous ses coups ou que son sexe me fasse atrocement mal en me pénétrant. Mes cris résonnèrent des heures durant dans la demeure et ma mère ne se déplaça pas une seule fois pour me protéger.

L'étreinte

Je tremblais sous le choc, allongée sur sol de la  chambre conjugale. Du sang coulait de mon nez et un hématome se formait sur ma pommette gauche tandis que  des hématomes apparaissaient sur mon corps  progressivement.  Je repensais à Gabriel, je  voulais mourir et le rejoindre. John s'était endormi d'épuisement  dans  notre couche. Je rampais  doucement et  me faufila  hors de la maison, la vigilance de mes  geôliers était retombée cette nuit. Il devaient penser que j'étais  évanouie de douleur ou endormie. Je finissais par  courir pour m'éloigner de toutes  mes forces restantes avec  difficulté. Je serrais précieusement  dans ma main gauche  le  flacon de  Laudanum que  j'avais  subtilisé à mon mari avant de  fuir au loin.

Debout sous un ciel  étoilé et étrangement paisible, la guerre n'était pas encore arrivée chez  nous,  je bus l'intégralité du flacon et m'allongeais au sol en attendant que la mort  vienne m'emporter. Je sentais une douce  euphorie  m'envahir progressivement, je laissais  tomber de ma main le  flacon vide et regardais  les étoiles scintillantes. Je perçus soudain une  ombre  dans la périphérie de mon champ de  vision et  tournais  lentement  ma tête pour mieux  la voir.

Je me demandais si c'était Gabriel ou des fées qui venaient me chercher mais ce fut une silhouette humaine qui se dessina au fur et à mesure qu'elle s'approcha de moi. Une femme étrangement pâle qui me fixait d'un air curieux, elle sembla me renifler puis me saisit comme une poupée dans ses bras. Elle me caressa doucement les  cheveux en chantonnant tout bas, elle entendit un bruit et m'emporta brusquement au loin parmi les ombres de la nuit, laissant l'endroit désert.

Je perdis connaissance lorsqu'elle m'enleva et me réveillai dans une maison magnifique et étrangement déserte. Je regardai autour de moi et remarqua la présence de deux personnes dans la pièce. Je me redressai sur la couche, terrorisée, mais ces personnes ne bronchèrent point. L'une d'elles alluma une lampe pour mieux éclairer la pièce alors que l'unique bougie allumée peinait à illuminer. Je plissais des yeux et finissais par m'habituer à cette lumière plus forte. J'avais mal partout, je me sentais vide et j'avais du mal à respirer. Je pris sur moi pour les regarder. C'était la même femme qui m'avait approchée et un homme que je connaissais pas, tous les deux étrangement pâles mais au regard fiévreux qui me scrutaient.

« Elle a le don, je te le jure, tu as bien vu ses  dessins ! »

Je fronçais les sourcils, étonnée par ses propos.

« Mes dessins, comment... ? »

Je m'aperçus qu'il y avait des rouleaux  de papier et  quelques  un  étaient affichés sur les  murs, je reconnus  mes œuvres et  les regardai interloquée par leurs présences.

« T'as raison, elle l'a. » lui répond l'homme.

La femme souriait et tapait des mains d'excitation tout en me regardant.

« Bienvenue ma fille ! »

« Pardon ? Que... »

Je n'ai pas eu le temps de finir, elle dévoila ses crocs et se jeta sur moi pour les planter dans ma gorge. Je tentais faiblement de me dégager de son étreinte, je  n'imaginais pas  ma mort ainsi. Petit à petit mes faibles mouvements ralentirent et je gémissais de  douleur tout en ayant l'impression de  m'asphyxier à cause du Laudanum. Je sentis ensuite un immense plaisir m'envahir, je n'avais plus envie de bouger et je fermais mes yeux pour m'abandonner à cette douce langueur. L'instant d'après je sentis un liquide poisseux couler sur mes lèvres, j'étais faible et dodelinais ma tête d'un côté pour éviter ce liquide.

« Bois ma fille, tu ira mieux. »

J'obéissais aussitôt et entrouvris mes lèvres pour sentir le sang épais s'insinuer dans ma bouche, c'était un délicieux nectar. Je me mis à  boire avec ferveur et attrapa fermement sa source donc le poignet de cette  femme. Je buvais encore et encore, elle finit par me repousser en grondant.

« Ça suffit comme ça ma petite ! »

Je soupirai et soudain des douleurs horribles me déchirèrent le corps, je convulsais et arquais mon corps de douleur. j'avais peur et je ne comprenais pas ce qui se  passait.

« Ce n'est que ton corps qui se meurt, laisse-toi aller. »

Je retombais inerte, plus un seul pouls n'était perceptible, mon cœur était désespérément silencieux mais je demeurais consciente. J'ouvris les yeux et  regardais celle qui venait de m'étreindre, ma nouvelle mère.

« T'as faim ? »

Je secouais lentement la tête pour confirmer.

« Sers-toi. »

J'entendis un glapissement de terreur dans la pièce d'à côté. Je m'étais trompée, nous n'étions pas seuls.

Après l'étreinte

Les hommes pensèrent que je m'étais enfuie et ont fait une battue pour me retrouver en vain. Deux nuits plus tard, je revenais à la plantation en douce, j'étais en pleine forme, resplendissante et étrangement pâle. Je me faufilais par des chemins passages dans l'immense demeure. Je traquais l'odeur de ma mère et je sentais la présence de mon fiancé.

Je marchais sans bruit, vêtue d'une longue robe de nuit blanche, l'incarnation même du stéréotype des romans quand on y pense avec le recul. J'étais pieds nus et m'avançais dans le couloir du premier étage. Je m'arrêtai devant une porte et regardai par la fente après avoir entendu glousser. Je découvrais ma mère sur les genoux de mon époux en train de l'embrasser et de le câliner. L'hypocrite ! Elle qui devait honorer la mémoire de son mari en prenant son deuil,  elle était déjà à l'oublier dans les bras de celui qui était son gendre. Ils se levèrent pour aller se coucher dans la pièce communicante, emportant la lampe à huile avec eux. J'entendais les bruissements des vêtements qui tombent à terre et je vis la lumière qui s'éteignait doucement. Le lit se mit à grincer.

J'entrai sans bruit et me dirigeai vers les gémissements de plaisir et les soupirs. Je m'approchais du lit et attendis qu'ils se rendent compte de ma présence. J'étais près de la fenêtre, éclairée par la lueur de la lune naissante. Mère poussa un cri de frayeur et remonta les draps sur son corps nu tandis que John se rejetait en arrière en me regardant d'un air stupéfait.

« Bonsoir mon amour. » murmurai-je avec un brin d'ironie.

* * * * * *

J'essuyais le sang qui coulait de ma bouche sur ma robe largement tâchée de vitae. La maison brûlait et les esclaves se tenaient debout devant celle-ci. Les hommes de main étaient ligotés dans cette maison, en train de hurler de souffrance, un juste  retour des choses. C'était un des esclaves que j'ai libéré qui y avait mis le feu à ma demande.

La vieille Annabelle s'approcha de moi, soutenue par Marie. Elle me regarda puis s'inclina en guise de respect.

« Ton secret disparaîtra dans ma tombe mon enfant. Tiens, c'est tout ce que j'ai pu sauver. Prend soin de toi. »

Je pris ce qui s'avérait être un pendentif en bois sculpté que Gabriel portait toujours sous sa chemise. J'embrassai cet objet et entendis Gabriel qui me parlait de sa  voix douce et  grave. Son âme s'était glissée dedans, il aura voulu a tout prix rester près de moi et  défier la mort. J'étouffais un sanglot de joie et secouais lentement la tête tout en serrant l'objet dans ma main. Je finis par le glisser au creux de mes seins et nouai solidement le cordon dans mon cou. Je serrais les mains d'Annabelle et l'embrassais doucement sur sa joue parcheminée pour la dernière fois de ma  vie, je fis de même avec ma tendre et chère nounou.

Marie pleurait silencieusement. Elles avaient compris que c'était la dernière fois qu'on se voyait, elles savaient ce que j'étais et ce que j'avais fais mais me protégeaient par leur silence. J'ai veillé sur elles de loin, elles sont mortes depuis longtemps mais c'était elles mes vraies mères humaines. Ma sire est comme une seconde mère un peu spéciale. Elle a aimé ma  vengeance contre mes  tortionnaires avant de les laisser périr brûlés  vifs dans l'incendie.

Depuis 1864

Nous avions quitté la région et réussi à nous faufiler à travers cette guerre civile qui faisait encore rage une année de plus dans ce pays qui allait changer. La guerre nous apportait beaucoup de proies, ce qui a facilité mon éducation et l'enseignement  d'Isabelle De Lancret. Elle stimula ma créativité et m'incita à continuer à étudier les arts, le dessin et la peinture. Elle était fascinée par mes réalisations reflétant mes croyances et mon imaginaire très riche.

Je suis allée à Londres puis à Paris, je retournais ensuite sur le continent américain, j'ai fais le tour du Mexique pour finir aux États-Unis. J'ai été à New York où j’ai appris l'art du tatouage auprès du meilleur tatoueur humain sur le conseil de ma  sire. Le grand défi pour moi a été de prendre sur moi à la vue et à l'odeur du sang qui coulait pendant que je pratiquais mon art corporel. C'était  une  forme de  thérapie  pour  surmonter  mon aversion pour ma marque de l'infamie et me réapproprier mon corps à ma manière.

Je  bénis l'évolution des mentalités dans la société  humaine, car le tatouage était  surtout la marque des prostituées,  criminels et  marins. Je n'ai plus envie de  devoir cacher ces marques, c'est ma revanche sur  le passé, sur John. Plus aucun homme n'a pu exercer d'ascendance sur moi. J'ai désormais la liberté de  dévoiler  ma peau, mon corps,  me le réapproprier en  usant de styles et de looks  originaux. Je suis même  devenue  misandre, une  féministe avant l'heure.

Ma sire est comme une seconde maman pour moi après Marie et Annabelle. Elle a estimé que  je pouvais voler de mes  propres ailes. J'ai donc décidé d'aller  dans une ville que je n'avais jamais  vue : Seattle. J'y ai des  contacts  que j'avais rencontré en voyage et  à New York. J'ai ouvert un salon de tatouage et mon affaire  fonctionne  plutôt  bien grâce à mon talent et  à mes relations  dans la haute société.






- Votre pseudo : Lily Rose
- Votre âge : est-ce nécessaire ?:p
- Comment avez-vous connu Vampires WoD ? Par une amie qui joue avec  vous.
- Mots de passe cachés dans le règlement : /ok Molyn/




Dernière édition par Evangeline Rose Langevin le Sam 12 Déc 2015 - 4:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Evangeline   Dim 13 Déc 2015 - 9:24

Hâte de voir une nouvelle Camariste nous rejoindre !

Forza Camarilla :p !

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FICHE ۞ INFLUENCES ۞ LIENS
L'argent ouvre les portes du Vice et ferme celles de la Vertu.
Les Honneurs sans le Pouvoir sont les pierres tombales de nos Ambitions.

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MessageSujet: Re: Evangeline   Dim 13 Déc 2015 - 10:19

et toréador en plus ;)

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Pour connaître la rose, quelqu'un emploie la géométrie
et un autre emploie le papillon ۞ Paul Claudel

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MessageSujet: Re: Evangeline   Lun 14 Déc 2015 - 13:17




Félicitations, tu es
Validé(e)





Bravo, tu fais désormais partie du Monde des Ténèbres !

Maintenant que tu nous as rejoints dans la grande aventure, tu peux aller créer ta Fiche de liens et chronologie, choisir plus en détail tes Influences et choisir si tu en as tes Disciplines combinées.

Si tu souhaites avoir un petit chez toi, ou pour nous demander de te créer ton lieu de travail, c'est par ici.

Si tu recherches un partenaire de jeu, c'est en revanche ici que ça se passe.

Et enfin, pour nous aider à développer le forum, n'oublie pas de voter pour le forum de temps et temps ! Pour ce faire, suivez le guide...

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Evangeline

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